https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/issue/feed Canadian Journal of Disability Studies 2019-12-20T08:10:21-05:00 Jay Dolmage, PhD CJDSeditor@uwaterloo.ca Open Journal Systems <p><em><strong></strong></em><strong></strong><strong></strong><strong></strong>The Canadian Journal of Disability Studies publishes peer-reviewed original articles that advance research in the multidisciplinary, international field of disability studies.</p> <p>All content is totally open access.&nbsp;The CJDS never charges any processing or publication fees, and is free and open to the public. This ensures that scholarship in the CJDS reaches the broadest possible audience, with no barriers for authors, institutions, or readers. The journal also advocates for Open Accessibility, ensuring that all content is fully accessible.<br><br>The journal embraces a wide range of methodologies and perspectives, values collaborative and cross-disciplinary work, community partnership, and creative approaches to scholarship.<br><br>Research in the Canadian Journal of Disability Studies will be of interest to scholars and students from across all academic disciplines, as well as anyone involved in disability arts, advocacy, community organization or policy.&nbsp; The journal foregrounds a critical disability studies perspective, committed to disability rights.</p> <p>Please consider registering as a reader to receive notifications and announcements.</p> https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/576 Cécités et créations 2019-12-20T08:10:21-05:00 Maria Fernanda Arentsen marentsen@ustboniface.ca Hannah Thompson Hannah.Thompson@rhul.ac.uk <p>Ce numéro spécial interroge et affirme les liens productifs et innovateurs qui existent entre cécité et création. Nous réunissons ici des réflexions historiques, créatives et littéraires qui montrent, de manière pluridisciplinaire, que de nouvelles conceptions de la cécité peuvent briser les images stéréotypées de la personne aveugle qui hantent la société contemporaine. Nous rejetons le modèle médical de la cécité qui représente la personne aveugle comme victime ou objet de pitié souffrant de son sort. Tout en reconnaissant les inconvénients qu’affrontent les personnes aveugles dans un monde fait pour et par les personnes non aveugles, nous affirmons que la cécité n’est ni problème ni tragédie. Au contraire, elle ouvre de nouvelles perspectives intellectuelles, imaginatives, esthétiques et innovatrices qui remettent en question la position privilégiée de la vue dans la hiérarchie des sens.</p> 2019-12-19T12:34:55-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/577 L’offre culturelle française à l’épreuve de la cécité 2019-12-19T12:34:07-05:00 Fréderic Reichhart frederic.reichhart@inshea.fr Aggée Lomo lomo@unistra.fr <p>En France, depuis les trente dernières années, l’accès à l’offre culturelle à destination des personnes malvoyantes et non voyantes connaît un développement important. En s’appuyant sur l’analyse du contenu de portails électroniques, de divers documents institutionnels, d’observations de dispositifs et d’activités, cet article se concentre, dans une perspective sociohistorique, sur l’émergence et le développement de l’accessibilité des espaces et des prestations culturelles ; plus précisément, il s’agit d’analyser les éléments constitutifs et structurants de cette offre et d’identifier les différents dispositifs et dispositions mobilisés pour la rendre accessible aux personnes aveugles. En fait, il apparaît que la constitution de cette offre résulte à la fois d’initiatives émanant du mouvement associatif qui milite et s’engage pour le droit à la culture, mais aussi du développement des politiques d’accessibilité de chaque établissement et de celles impulsées par l’État au niveau législatif et institutionnel. Une analyse de l’offre muséale révèle la constitution d’une politique d’accueil en faveur des personnes en situation de handicap notamment de visiteurs non voyants et malvoyants. Elle montre qu’en complément de l’accès au bâtiment (accéder) et dans celui-ci (pénétrer et circuler), l’accessibilité au contenu se développe (utiliser), soutenue par une kyrielle de prestations adaptées.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/578 Les œuvres d’art et l’accessibilité esthétique pour les personnes aveugles 2019-12-19T12:39:03-05:00 Raquel Guerreiro quelpapel@hotmail.com Virgínia Kastrup virginia.kastrup@gmail.com <p>De nos jours, l’accessibilité pour les personnes aveugles se développe dans les musées d’art et centres culturels du monde entier. L’accessibilité de qualité va au-delà de l’accès à l’information sur les œuvres et de la reconnaissance des formes. Le but de cet article est d’analyser quelques stratégies d’accessibilité esthétique créées pour les personnes aveugles, en prenant en compte des aspects de leur fonctionnement cognitif. D’abord, on analysera quelques aspects cognitifs de personnes aveugles et le fonctionnement de l’attention dans l’expérience esthétique, sur la base des études de Depraz, Varela et Vermersch. Face à une œuvre d’art, le geste de chercher est remplacé par des gestes de suspension, de redirection et de réceptivité active. Pour explorer le concept d’accessibilité esthétique, nous prenons comme objet d’analyse l’exposition <em>Yayoi Kusama: obsessão infinita (Yayoi Kusama: obsession infinie)</em> qui a eu lieu au Centre Culturel de la Banque du Brésil, à Rio de Janeiro en 2014. L’analyse des stratégies d’accessibilité utilisées est fondée sur les concepts de traduction (Despret, 2002; Julien, 2009) et de <em>felt meaning </em>(Petitmengin, 2007). À partir des idées de Jullien et Despret, on conçoit la traduction comme la production d’équivalents, dont l’objectif est de passer des sémiotiques visuelles aux sémiotiques non visuelles. Le <em>felt meaning</em> doit être le guide de la traduction. Accéder au <em>felt meaning</em> signifie toucher la dimension créatrice de l’expérience, qui existe en deçà des différents sens. On conclut que les stratégies multisensorielles utilisées pour la traduction d’œuvres visuelles de l’exposition de Kusama sont capables de créer des équivalents et un plan commun entre l’expérience des personnes aveugles et celle des personnes voyantes devant les œuvres d’art, sans chercher à éliminer leurs différences.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/579 Musée et Bibliothèque patrimoniale Valentin Haüy 2019-12-19T12:42:18-05:00 Noëlle Roy noelleroyferre@gmail.com <p>Les collections du musée et de la bibliothèque patrimoniale Valentin Haüy sont dévolues à l’« histoire des aveugles », plus spécifiquement celle de leur scolarisation et de leur appropriation de l’écrit, avec, en point d’orgue, l’élaboration du braille, facteur d’émancipation intellectuelle et sociale. Cette « conquête » est trop souvent instrumentalisée par une appréhension simplificatrice du passé qui oscille entre misérabilisme et glorification de personnages d’exception. Cette approche binaire a contribué à la construction de mythes fondateurs et de discours hagiographiques qui, insidieusement, portent en creux une image négative des personnes en situation de handicap. L’examen des objets et des archives de ces deux lieux patrimoniaux permet de pénétrer au cœur des processus en jeu au cours de cette séquence historique déterminante, fin XVIII<sup>e</sup> – XIX<sup>e</sup> siècles. Les innovations ne sont pas des épiphanies, il y faut une convergence de recherches et une adéquation technique, bref une culture. L’« invention » du braille ne saurait être l’œuvre d’un seul, Louis Braille en l’occurrence, aussi doué soit-il. C’est le produit d’un processus collectif élaboré sur la durée, dans lequel il faut rendre à chacun, en particulier à Charles Barbier, sa juste place.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/580 Lire et écrire la musique sans voir 2019-12-19T12:45:35-05:00 Sébastien Durand sebastien.durand@univ-tours.fr <p>Dans son <em>Essai sur l’éducation des aveugles</em> (1786), Valentin Haüy fait la démonstration du progrès apporté aux personnes aveugles par la réalisation de partitions imprimées en relief. En effet, la possibilité de prendre connaissance d’un texte musical sans avoir recours à la dictée d’un tiers pour le mémoriser constitue une étape importante vers l’autonomie des musiciens aveugles et vers l’essor de leur créativité. Cependant, il ne s’agit encore à cette époque que des prémices d’une notation musicale spécifique, et le chemin sera encore long avant de leur permettre de lire et écrire la musique par eux-mêmes de manière totalement probante. Plusieurs systèmes différents de notations seront expérimentés à Paris à partir de la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle (aux Quinze-Vingts et à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles), avec des fortunes diverses, avant que Louis Braille ne propose une véritable solution révolutionnaire dans la seconde édition de son <em>Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant</em> en 1837. Cette étude propose de montrer les différentes étapes de cette évolution, en évoquant plusieurs figures de musiciens aveugles qui ont pris une part active dans l’élaboration de ces processus créatifs et innovants, transformant ainsi radicalement le rapport entre la cécité et la pratique de la musique.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/581 Les musiciens aveugles itinérants au Japon du Moyen Âge au XXe siècle 2019-12-19T13:01:58-05:00 Anne-Lise Mithout anne-lise.mithout@univ-paris-diderot.fr <p>Au Japon, il existe depuis les temps antiques une forte association entre déficience visuelle et musique. Les musiciens aveugles ont à la fois marqué la culture populaire, en inspirant de nombreux personnages de fiction, et apporté une contribution majeure à l’histoire littéraire et musicale du Japon. Cet article est une revue de littérature qui vise à explorer pourquoi et comment la figure du musicien aveugle a marqué l’imaginaire historique au Japon. Le terme « aveugle » employé dans ce texte n’est pas à entendre comme une catégorie médicale visant à définir les personnes concernées par leurs capacités visuelles, mais comme une catégorie de l’imaginaire collectif qui tend à associer ces personnes dans une communauté de destins. On montre que les diverses figures de musiciens aveugles visibles à travers l’histoire du Japon sont en grande partie le produit d’une autodéfinition par les communautés d’aveugles elles-mêmes qui ont travaillé à se construire et à faire reconnaître une identité spécifique. Elles donnent à voir des expériences vécues de la déficience visuelle qui peuvent différer de ce qu’on appelle aujourd’hui une « situation de handicap ».</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/582 « If blindness creates a new world » 2019-12-19T13:05:44-05:00 Céline Roussel celine.s.roussel@gmail.com <p>Dans cette étude où narratologie médiatique, concepts-clés des <em>Game Studies</em> et théorie barthienne du jeu contribuent à approfondir un questionnement relevant des <em>Disability Studies</em>, nous nous intéressons à l’expérience VR <em>Notes on Blindness</em> (Audiogaming, 2016­), inspirée du journal intime de l’universitaire et théologien aveugle John Martin Hull, pour montrer que la réalité virtuelle ouvre un espace radicalement neuf pour penser et contempler la cécité. À mi-chemin entre court métrage et jeu vidéo, <em>Notes on Blindness VR</em> crée un espace audiovisuel d’exploration de la cécité à la fois fictif et autobiographique, à l’auctorialité multiple. À l’opposé de la prothèse narrative telle que la définissent les théoriciens des discours du handicap David. T. Mitchell et Sharon&nbsp;L. Snyder, ce programme de réalité virtuelle, qui configure un partage des subjectivités aveugle et voyante, s’avère être une prothèse numérique interactive féconde pour célébrer la cécité comme accroissement du vécu sensoriel du monde.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/583 Architecture et Cécité – Exploration littéraire et multisensorielle 2019-12-19T13:10:07-05:00 Sabine Gadrat sabine.gadrat@gmail.com <p>L<a href="http://www.batiweb.com/search/?v=architecture"><strong>’architecture</strong></a> est l’art de concevoir et de construire des édifices ou d’aménager des espaces extérieurs selon des critères esthétiques et des règles bien définies. Elle est donc partout dans nos vies. Mais comment est-elle perçue, du point de vue sensoriel, par les personnes aveugles&nbsp;? Comment s’y repèrent-elles, comment découvrent-elles ces lieux&nbsp;? À travers la littérature, nous explorons la perception de l’architecture par des personnes aveugles ou ayant une déficience visuelle. Comment décrire, percevoir un lieu sans la vue&nbsp;? Des auteurs aveugles, tels Romain Villet, Jacques Lusseyran ou Taha Hussein, mais aussi les personnages aveugles présents dans <em>Les Emmurés</em> de Lucien Descaves, nous permettent de découvrir que la compréhension, la découverte, la beauté ou la laideur d’un bâtiment, d’un lieu n’est pas qu’une histoire de vue. À travers des exemples récents de projets architecturaux et le travail de Chris Downey, architecte devenu aveugle en 2008, nous voyons qu’il existe une architecture spécifique, ou particulièrement adaptée aux personnes aveugles, en nous penchant particulièrement sur l’aménagement des nouveaux locaux du LightHouse de San Francisco. Il existe ainsi des environnements plus « bavards » que d’autres, plus accueillants aussi. Et, plutôt que de concevoir la cécité comme un manque, nous prenons le pari de croire que l’architecture vue par les aveugles est la plus riche des expériences sensorielles.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement## https://cjds.uwaterloo.ca/index.php/cjds/article/view/584 La cécité dans les Mémoires d’aveugle de Derrida 2019-12-19T13:13:00-05:00 Marion Chottin marion.chottin@ens-lyon.fr <p>En 1989, Derrida est sollicité par le Musée du Louvre pour réaliser une exposition sur le thème de son choix et en écrire le commentaire. C’est alors qu’il découvre qu’il ne peut cligner de son œil gauche, ce qui s’avère être le symptôme d’une maladie d’origine virale. Le sujet s’impose à lui — les dessins d’aveugles, lesquels vont soutenir son questionnement&nbsp;: la cécité serait-elle au fondement de la vue ? L’ouvrage <em>Mémoires d’aveugle</em>. <em>L’autoportrait et autres ruines</em> (Derrida, 1990) reproduit le texte qu’il écrivit pour l’occasion, ainsi qu’une sélection des œuvres exposées. Du point de vue des études sur le handicap, nous nous interrogeons, dans cet article, à notre tour&nbsp;: lorsque l’on soutient, comme Derrida, que l’« aveuglement » est la condition de possibilité du dessin, et plus largement de la visibilité, que dit-on de la cécité ? Refuse-t-on son assignation comme déficience, fait-on d’elle un handicap tel que le conçoivent les <em>Disability Studies</em>, à savoir un empêchement socialement élaboré ? Cet article montre d’abord que Derrida, dans son ouvrage, révèle que la cécité, dans les traditions juive, chrétienne et philosophique, oscille entre excès et défaut de savoir. Puis, il souligne la façon dont le philosophe déconstruit cette représentation au profit d’une conception de l’« aveuglement » comme une puissance dont les aveugles, qui selon lui sont des êtres passifs, demeurent privés.</p> 2019-12-19T00:00:00-05:00 ##submission.copyrightStatement##